Salut tout le monde , content de vous revoir ! Daniel Riolo (animateur RMC) , que beaucoup doivent connaitre ici , raconte un entretien privé avec JGW qui dénonce la situation médiocre de son vestiaire :
Wallemme, à jamais le premier…
Jean-Guy Wallemme est donc le premier. Sera-t-il suivi ?
Lancera-t-il une nouvelle tendance ? Va-t-on voir de plus en plus
de coachs révéler au public l’intimité du vestiaire ? Si
Wallemme en est arrivé à déroger à la règle non écrite, qui peut se
résumer par une expression en forme de slogan : « Le vestiaire
c’est sacré ! », c’est qu’il devait vraiment être
à bout. Le staff lensois visiblement incapable de résoudre le
problème en interne, a ainsi décidé de laver son linge sale sur la
place publique. Il y a des « tricheurs » parmi les joueurs,
maintenant les supporters du Racing le savent. Wallemme a balancé
trois noms. Je suis surpris de nombre. C’est peu finalement
car il y en a effectivement d’autres. Maoulida, Jemaa, à
moins qu’ils aient beaucoup changé en accédant à la Ligue 1,
auraient pu être cité aussi. Le groupe lensois est donc pourri,
c’est entendu. Dorénavant, on le sait. Dans ce qu’on
appelle « les milieux autorisés » on le savait depuis longtemps. On
sait aussi que malheureusement, ce n’est pas nouveau.
Que doit-on penser de la réaction de Wallemme ?
Je dois avouer une réelle affection pour l’homme. Un type
droit, honnête, qui aime son club et le défend. Il se sent investi
d’une mission par rapport au « peuple lensois » et voir que
des joueurs restent indifférents face à l’attente de ce
public, à la nature même de ce public, ça le rend malade. Un soir,
à quelques minutes du coup d’envoi d’un match à
Bollaert, Wallemme me racontait, visiblement affecté, les
difficultés qu’il avait à gérer certaines personnalités de
son groupe. Regardant vers la tribune latérale ou se trouvent les
supporters, il me dit : « Tu veux que je leur parle de ça ? Tu veux
que je leur dise que là-dedans, il y a des gens qui n’ont
rien à part le club ? Que certains mettent le peu d’argent
qu’ils ont dans cette passion. Tu veux que leur parle de la
région, des problèmes sociaux et du chômage qui frappent beaucoup
de membres de ce public ? J’avais envie de répondre, mais
Jean-Guy était lancé et n’avait pas besoin de moi : « Ils
s’en foutent, ils n’en ont rien à cirer, c’est
leur gueule et rien d’autre ». Son visage était marqué.
Wallemme, sorte d’écorché vif, continue : « J’ai lu
récemment dans un journal qu’on a balancé les salaires de
mecs du PSG ! Il paraît que certains ont estimé que Makelelé
gagnait trop ? Écoute, si tu compares ce que touchent certains de
mes joueurs en L2, sous prétexte qu’ils ont fait 2/3 matches
corrects en L1, (il ne dit pas de noms mais je sens qu’il
pense à Monnet-Paquet) à ce que gagne Maké, 250 000, c’est ça
? (Je réponds en faisant oui avec la tête), et bien moi je te dis
que si tu respectes de justes proportions, faut lui filer 800 000 à
Maké !!! »
Je crois que tout cela résume assez bien ce qu’il se passe
aujourd’hui à Lens. Un jour Luis Fernandez évoquait avec moi
la situation de l’OM. C’était juste avant
l’arrivée de Gerets. L’OM dirigé par Emon allait mal et
se trouvait dans le cul du classement. À Auxerre, Marseille venait
d’être ridicule. Au sortir d’une prestation pitoyable,
certains joueurs, donc Cissé avait demandé l’autorisation
d’aller faire la fête à Paris. Luis me dit alors : « Mais
c’est quand même dingue ça non ? Comment osent-t-ils les gars
? C’est honteux, c’est l’OM oh ! Qu’ils
rentrent chez eux se cacher, quelle fête ? Je vais te dire un truc,
si je suis à la place d’Emon, moi je le dis aux supporters.
Je vais voir ceux qui ont fait le déplacement, qui ont payé pour
voir ça et je leur dis : « Voilà, les gars pensent que c’est
bien d’aller faire la fête après ça, vous en pensez quoi ?! »
Je repense alors à l’histoire Luis/Ronnie maintes fois
raconté par mon interlocuteur. À sa gestion de l’homme. « Il
rentre avec plusieurs jours de retard de ses vacances au Brésil, je
fais quoi ? Il choisit ses matches, je fais quoi ? Il ne respecte
pas les règles internes, je fais quoi ? Et si les supporters sont
au courant ça fait quoi ? Bon je m’égare, il n’y a pas
de Ronaldinho à Lens.
Démagogie ? Gestion populaire ? Coach qui agit comme un politique,
c’est-à-dire d’abord en regardant ce que disent les
enquêtes d’opinions ? Chacun est libre de juger cette façon
de penser, de faire et surtout de faire le parallèle proposé.
Si on met tout ce qui relève de l’affect, du « bon sentiment
» de côté - le foot d’aujourd’hui permet de moins en
moins le négoce du cœur – reste une situation que
l’on peut analyser froidement. Le club de foot est une
entreprise, qu’on se le dise une bonne fois pour toutes. Le
RC Lens a raté toutes ses récentes campagnes de recrutement. Si le
ver est entré dans le fruit, à qui la faute ? Les employés du club
ont été mal recrutés. Le matériel humain est de mauvaise qualité.
Martel est prisonnier de ses contrats et le club coule à cause de
ça. Cela s’appelle mauvaise gestion humaine et financière. Ce
sont les bureaux du fond : Direction financière et DRH ! Je crois,
à l’image de beaucoup d’entraîneurs, qu’avant de
prendre un joueur, il est nécessaire de procéder à un véritable
entretien d’embauche. J’irai même jusqu’à une
enquête approfondie de la personnalité du joueur, de son entourage.
Oh, ne croyez pas que j’exagère. La plupart des coachs
partagent cet avis. Deschamps entre autres ne dit pas autre chose.
En gros, si on réussit la première étape de construction du groupe,
on n’est pas emmerdé ensuite à gérer ce qu’on va ranger
de façon simple dans une catégorie dite des « petits cons ». Je
vous assure qu’il y avait matière à être un brin plus
grossier.
L’autre aspect de cette affaire est la conséquence d’un
constat simple : Wallemme n’est pas ou plus compétent.
J’aimerais ne pas avoir à dire ça. Pourtant, si on considère,
comme la grande majorité des entraîneurs qui parlent
aujourd’hui de leur métier, que 70 à 80 pour cent du travail
n’est plus lié au terrain, mais à ce qui se passe autour, à
la gestion des hommes, alors Wallemme a échoué.
La tactique ? N’importe quel bon livre écrit sur le sujet
l’explique très bien. Après c’est juste une affaire de
choix de l’option de jeu. Ainsi les pieds du joueur sont
devenus moins important que sa tête. Il faut entraîner le joueur au
sens premier du terme. Parfois il faut même le motiver à accomplir
un effort, le convaincre de tout donner sur le terrain. En gros, il
faut le convaincre d’être professionnel. L’entraîneur
doit alors ajouter à sa formation, un volet étude psychologique du
joueur de foot de haut niveau. Enfin pas tous les coachs ! Vous
croyez que Capello est psy ? Mourinho ? Ferguson ? Hiddink ? Je ne
crois pas ! Capello n’explique jamais rien à ses joueurs. Tu
joues ? C’est bien ! T’es pas bon, tu joueras plus !
Pourquoi ? Va donc sur le banc te poser la question ! Face à un
coach disposant d’une très haute légitimité sportive, le côté
psy est mis de côté et la meilleure façon de marcher, c’est
de courir vite et bien ! Quand l’entraîneur est fort, quand
le club est une institution forte, capable de supporter
(sportivement et peut-être surtout financièrement) la mise à
l’écart d’une brebis galeuse devient plus aisé.
Parce que le foot est hyper populaire, hyper médiatique, parce que
l’argent coule à flots, la pression est plus forte. On ne
joue pas pour soi, mais pour un club, pour les gens qui viennent au
stade, pour sa ville, son pays. Le joueur est en représentation, il
porte des couleurs. Tout cela met le joueur face à des
responsabilités parfois lourdes. Ce sont des obligations pesantes
dont la compensation est l’argent et parfois la gloire.
L’échange est clair : Tu gagnes des millions alors défonce
toi ! Il n’y a pas d’alternative. Le joueur reçoit
beaucoup d’argent, il ne peut faillir. Et plus il en ramasse,
plus il doit être bon. Système aussi simpliste que pervers ?
Certainement, mais il existe ainsi et je n’ai pas senti
récemment de frémissement annonçant une révolution et un
renversement dudit système. On essaye souvent de transformer les
gens qui vont au stade en moutons. Venez au stade, mais faites
comme si vous étiez devant la télé nous dit-on ! On oublie que
souvent ce rapport joueur, club, argent, supporters, on oublie que
ce « système » est d’une grande violence économique. On a vu
à Liverpool récemment que même dans un pays où l’expression
populaire dans le stade a été bannie, les supporters ont manifesté
contre la politique des actionnaires du club.
Bien ou mal, Wallemme a donc voulu prendre son « peuple » à témoin.
Et tant que le souhait émis un jour par Marcel SFR Desailly : «
Moi, j’aimerais jouer dans un stade vide, tout serait plus
simple » ne se réalise pas, les stades seront pleins de gens
responsables capables de porter un jugement. Wallemme a brisé un
tabou ? Tant mieux…
On comprend mieux maintenant comment nous traitent certains joueurs , et c'est désolant ... Esperons la revolte , qui , pour moi , n'aura pas lieu ...
Allez lens quand même ! A bientot
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